Nom et noms vernaculaires
Sorbier des oiseleurs, Sorbier sauvage, Sorbier des oiseaux
Nom latin
Sorbus aucuparia
Caractères distinctifs
• Taille maximum : 15 mètres
• Forme : couronne ovoïde à arrondie peu dense
• Écorce : grise et lisse puis noirâtre se fissurant en long. Rameaux brun-gris à brun-rougeâtre d’abord tomenteux puis devenant ± glabres
• Feuilles : alternes, 9 à 17 folioles de 2 à 6 cm, bordées de dents aiguës jusqu’au 1/3 inférieur• Fleurs : ± 1 cm de large, par 20 ou plus en corymbes
• Fruits : charnus à pépin, oranges à rouge, épais d’un cm au maximum
• Écologie : clairières et lisière de forêts. Espèce souvent pionnière. Des plaines à 2 000 m d’altitude. Forme souvent une ceinture à la limite supérieure de la forêt
• Répartition : de l’Europe au Caucase
Anecdotes et Divers
Le Bois
Le bois du sorbier est peu valorisé, pourtant il n’est pas dépourvu de qualités. Il est dur et compact, avec un aubier légèrement rougeâtre et un cœur brun plus sombre. Il est apprécié en sculpture. On l’utilisait aussi pour fabriquer des engrenages et des moyeux de roues en bois, à condition de trouver des arbres d’un diamètre suffisant. Sa texture douce au toucher en fait un matériau idéal pour les outils en bois. Enfin, c’est dans la fabrication d’instruments de musique qu’il est encore souvent utilisé.
Nourriture
En cuisine, les fruits du sorbier peuvent être transformés en gelée, en vin, distillés en eau-de-vie ou transformés en farine. On se sert de l’écorce pour colorer les étoffes.
En phytothérapie, les fruits du sorbier sont utilisés comme antidiarrhéique, astringent, diurétique, laxatif, antifongique (effet de l’acide sorbique) et antibactérien (effet de l’acide sorbique).
Le macérat de bourgeons quant à lui a une action sur le sang. Il est tonique et antiinflammatoire veineux, il fluidifie le sang. Il est indiqué en cas de varices, hémorroïdes, ulcères variqueux ou migraines.
L'histoire
Autrefois, il délimitait les lieux où on prédisait l’avenir et où on rendait justice. Arbre sacré chez les Celtes qui lui accordaient des vertus protectrices.
« Là où poussent les sorbiers, les druides ne sont jamais loin », disait-on au Pays de Galles. Le sorbier jouait un rôle important dans les mystères religieux des druides.
Chez nos ancêtres, c’est l’arbre par excellence de la magie druidique. Avec du bois de sorbier, les druides allumaient le feu druidique, qui était accompagné d’incantations afin de demander protection.
La fumée dégagée par la combustion du bois de sorbier était utilisée pour des rituels divinatoires. Elle était censée écarter les influences à même de perturber le bon déroulement de l’oracle. C’est tout à fait logique, puisque, parmi les oghams, il y en a un taillé dans du bois de sorbier.
Le sorbier apparaît ici comme support et protecteur de la « parole » oraculaire
Classification
• Règne : Plantae.
• Sous-Règne : Viridaeplantae
• Infra-Règne : Streptophyta
• Classe : Equisetopsida
• Clade : Tracheophyta
• Clade : Spermatophyta
• Sous-Classe : Magnoliidae
• Super-Ordre : Rosanae
• Ordre : Rosales
• Famille : Rosaceae
• Sous-Famille : Amygdaloideae
• Super-Tribu : Pyrodae
• Tribu : Pyreae
• Sous-Tribu : Pyrinae
• Genre : Sorbus • Espèce : aucuparia
5/3/25 Jean-Claude Crépin: Chêne et hêtre (et humain)
Deux choses intéressantes à remarquer sur cette photo prise dans le bois d'Ozo qui contrairement à ce que laisse supposer son nom, se trouve en contrebas du village de Villers-sainte-Gertrude, dans la commune de Durbuy.
La première chose qui frappe est cette marque qui apparaît sur l'écorce du chêne. On pourrait presque imaginer qu’il s’agit d’une grosse empreinte d’ongulé. Il s’agit en réalité d’une gélivure.
En hiver, lorsque les températures nocturnes descendent bien en dessous de 0°, l’écorce des arbres peut geler puis au cours de la journée, si les températures remontent trop vite et deviennent trop douce, il arrive que cette écorce “éclate”. C’est très dangereux pour l'arbre, c'est la porte ouverte aux parasites et aux maladies. Heureusement, dans le cas présent, la gélivure est bien cicatrisée et l’arbre ne semble pas avoir subi de préjudice. Il n'est pas tiré d'affaire pour autant parce que si vous regardez à l'arrière-plan, vous constaterez la présence d'un hêtre.
J'en arrive donc au 2e point que je voulais développer.
En principe, chêne et hêtre vivent dans des biotopes totalement différents. Les premiers apprécient particulièrement les versants sud, bien exposés au soleil. Ils aiment la chaleur et supportent bien les sols secs. On dit qu'ils sont "héliophiles". Les seconds, quant à eux aiment les versants nord. Ils ont besoin de fraîcheur et d'humidité. On les dit "sciaphiles". Comment expliquer que l'on puisse trouver ces 2 arbres côte à côte ?
Pour répondre à cette question, définissons d’abord ce qu'est un écosystème. Selon le Larousse, « il s'agit d'un système formé par un environnement (biotope) et par l'ensemble des espèces (biocénose) qui y vivent, s'y nourrissent et s'y reproduisent. »
Les écosystèmes ne sont jamais statiques, ils sont en constante évolution jusqu’à atteindre leur climax, c’est-à-dire leur stade ultime. À partir de là, le système va régresser.
Dans nos forêts tempérées, c’est le hêtre qui correspond au climax. Cela signifie qu’il va éliminer tout ce qui se trouve autour de lui pour monopoliser l’ensemble de son biotope.
Sur la photo, le chêne est bien plus imposant que le hêtre. Il va lui apporter l’ombre nécessaire à son développement. En même temps, le système racinaire du hêtre va parasiter celui du chêne, le privant des nutriments essentiels à son bon développement et ralentissant ainsi sa croissance. En outre le hêtre grandit beaucoup plus vite que le chêne. Au bout d’un certain temps, il va donc le dépasser, le plongeant à son tour dans l’ombre. Le chêne, privé d’une partie de ses nutriments et de la lumière du soleil va petit à petit dépérir laissant ainsi le hêtre régner en maître. La forêt a alors atteint son climax.
Mais souvenez-vous, notre hêtre, pour vivre a besoin d’ombre. Sans la présence du chêne à ses côtés, il va se retrouver exposé au soleil et il va à son tour dépérir (phase de régression).
Transposons maintenant cet écosystème à l’échelle de la planète toute entière. N’avez-vous pas l’impression qu’il y a une espèce qui a exactement la même attitude que celle du hêtre ? Je vous laisse deviner laquelle et je vous laisse imaginer la fin programmée de cette parabole.